-
Vente en ligne: Amazon vs. Fnac Marketplace
[13/01/10: Une mise à jour de cet article se trouve ici: Vente en ligne: Amazon vs. Fnac Marketplace (II)]
Dans la lutte pour le marché de la vente en ligne, aucune n’est plus ardue que la bataille que se livrent Amazon et Fnac. En effet, à part le fait qu’Amazon soit un pure player (c’est à dire 100% en ligne), tout les rapproche. Dressons quelques uns de leurs points communs:
- ils vendent les mêmes produits (livres, DVD, CD, produits informatiques, etc.)
- sur internet, ils s’adressent à une même clientèle, et même plus: leur visiteurs sont hautement subsituables. Un acheteur mécontent de son expérience sur la Fnac.com n’aura pas de mal à aller voir le site d’Amazon
- ils attirent l’un et l’autre autant de visites, c’est-à-dire qu’aucun ne peut prétendre avoir une réelle avance sur l’autreEt pour clore le tout Fnac, qui avait pendant longtemps laissé le marché de l’occasion et de la revente entre particuliers à son concurrent Amazon, a décidé rompre avec la tradition en ouvrant sa propre Marketplace à la rentrée 2009. Plus de guerre parallèle: la guerre est désormais frontale.

La Fnac bénéficie d’une très forte popularité en France grâce à ses nombreux magasins. Son site Fnac.com est aussi bien apprécié avec près de 400.000 visiteurs uniques par mois [1], soit juste un petit peu moins qu’Amazon. Mais Amazon part de plus loin et, il faut l’admettre, fait mieux: il n’a pas bénéficié à son lancement d’une popularité acquise due à des magasins physiques et il a su s’imposer comme une référence mondialement reconnue en terme d’expérience d’achat en ligne. Quel site est plus agréable à parcourir que celui d’Amazon? Quel concurrent à réussi à égaler le système de paiement d’Amazon, fluide et irréprochable? Aucun. Le crédo actuel est simple: regardez Amazon, et copiez.
Donc Fnac lance sa Marketplace en terrain miné. Quels sont les critères de réussite d’une marketplace qui permettent de juger de son efficacité? Ils sont nombreux, contentons-nous d’en lister quelques-uns:
o la facilité de mise en vente du produit
o la facilité et la sécurité des paiements (réception puis reversement sur compte bancaire)
o le trafic du site qui garantit aux vendeurs que leurs produits seront rapidemment achetés
o les frais prélevés au vendeurHonnêtement, sans chercher à rentrer dans les détails, il faut avouer que la Fnac a réussi à proposer une mise en vente facile. Egalité, donc. Le trafic est similaire, on l’a dit plus haut. Coté paiement, avantage à Amazon, évidemment. Disons 1-0 pour Amazon pour l’instant.
Je vais m’attarder davantage sur la politique de prix adopté par la Fnac pour sa marketplace [2]. Et là, ça devient plus complexe.

Comme à son habitude, Amazon a opté pour la simplicité. Pas de tranche donc pas de tableau complexe: c’est 12% du prix de vente et 1,14€ de fixe.

Fnac, comme beaucoup d’autres acteurs, pratique un taux de commission par tranche. C’est plus complexe, mais c’est plus juste. Plus la tranche est élevée, plus le taux est faible [3].
Que penser de ces deux tableaux?
- Sur les produits neufs: Fnac propose un tarif spécifique pour les « produits neufs » à 12% au maximum (sur la tranche la plus faible). Amazon n’applique pas de tarif spécifique, c’est donc le tarif de 12% qui s’applique sans considération de tranche. Fnac est donc moins cher.
- Sur les produits d’occasion:
o Pour des produits vendus à plus de 250€: Fnac est moins cher grâce à son tarif dégressif
o Pour les produits vendus entre 7€ et 250€: Amazon est moins cher
o Pour les produits vendus entre 0€ et 7€: Fnac est moins cher (le fixe de 1,14€ d’Amazon joue en sa défaveur malgré un % plus faible)Donc Fnac est plus avantageux sur toutes les « petites ventes » (mais qui sont nombreuses): on pense notamment aux DVD et aux livres d’occasion qui sont souvent vendus à moins de 7€ (hors frais de port). Entre 7 et 250€, Amazon devient plus avantageux: on y trouve entre autres les téléphones, les disques durs, la majorité des accessoires électroniques, etc. Au-delà de 250€, Fnac est à nouveau moins cher, donc vendez-y vos ordinateurs et autres smartphones.
Mais ce serait mentir que de dire que c’est aussi simple que ça! Car il y a deux choses que je n’ai pas pris en compte:
- la réduction de 10% sur le commissions pour les adhérents Fnac
- la « commission sur les frais de port »… là ça se complexifie réellement: en fait, le raisonnement ci-dessus est vrai si l’on se place uniquement du point de vue du prix de vente et non du prix d’achat. En effet, l’acheteur achètera son produit («prix d’achat») au prix de vente plus les frais de port. Pour un DVD par exemple, Fnac ajoute à votre prix de vente des frais de port de 2,39€ et Amazon de 2,79€. Vous allez me répondre « peu importe car on applique les frais des tableaux ci-dessus qu’au prix de vente, donc on se fiche des frais d’envoi! ». En effet, mais…en fait Amazon ne vous reversera pas la totalité des 2,79 de port demandés à l’acheteur! Soyons clairs:
Imaginons que vous vendiez un DVD. Vous fixez le prix de vente à 3€. Amazon a fixé les frais de port d’un DVD à 2,79€ (donc l’acheteur achètera votre objet 5,79€). Mais voilà, au moment de vous reverser l’argent, Amazon ne vous donnera que 1,90€ sur les 2,79€ payé par l’acheteur. Ces 0,89€ d’écart sont partis dans la poche de Amazon: c’est la commission sur les frais de port. Amazon l’appelle « participation aux frais de livraison » [4]. Belle astuce n’est-ce pas? Amazon n’est pas le seul à y avoir recours, Priceminister fait de même.
Du coup vous allez me reprocher de vous avoir fait lire des lignes entières pour rien puisqu’elles sont fausses. Oui et non. Dites-vous que sur les ventes de faible valeur, là où Amazon était avant seulement « plus cher » que Fnac, il est en fait beaucoup plus cher. Il faut revoir les paliers définis (7 et 250€)… mais de pas grand chose en réalité puisque les commissions sur les frais de port ne dépassent pas 0,89€ pour les envois en France. Ce qui ramène nos paliers à 15€ et 250€.
Donc entre 15 et 250€, vendez sur Amazon. Sinon vendez sur Fnac. C’est pourtant simple, non?
– iDou pour MyCost.fr
[13/01/10: Une mise à jour de cet article se trouve ici: Vente en ligne: Amazon vs. Fnac Marketplace (II)]
[1] Google Trends
[2] On ne s’intéresse ici qu’aux vendeurs particuliers, et non aux vendeurs professionnels
[3] On notera que le système d’imposition sur le revenu (en France) fonctionne sur un mode inverse: plus la tranche augmente, plus le taux augmente.
[4] Vous trouverez le détails de ces frais iciCategory:
2 Responses to “Vente en ligne: Amazon vs. Fnac Marketplace”
The trackbacks and pingpacks:
Categories
- Acheteurs (7)
- Divers (1)
- Etudes (13)
- Sondage (10)
- Statistiques (3)
- Fraude (1)
- Juridique (1)
- Livraison (2)
- Chronopost (1)
- Mondial Relay (1)
- Marketplaces (26)
- 2xmoinscher (1)
- Amazon (4)
- eBay (11)
- Fnac (9)
- Leboncoin (3)
- Priceminister (1)
- Monétisation (4)
- Adsense (1)
- Affiliation (1)
- Paiements (2)
- PayPal (1)
- Vente en ligne (2)
Articles récents
- Entretien avec Philippe Corrot, directeur de Fnac Marketplace
- 2xmoinscher passe à l’offensive pour contrer une situation difficile
- eBay: mises en vente gratuites au format enchères jeudi 18 février 2010
- Trenzup.com: l’eBay du luxe, ou le luxe mis aux enchères
- eBay, un hébergeur particulier: retour sur un an de jurisprudence
Commentaires
- iDou dans Leboncoin effectivement devant eBay
- Anonyme dans Leboncoin effectivement devant eBay
- Vinc dans Histoire d’une vente à perte sur Amazon
- Porrille dans Vente en ligne: Amazon vs. Fnac Marketplace (II)
- mMm dans Entretien avec Philippe Corrot, directeur de Fnac Marketplace
Twitter @MyCost
Archives
Blogroll - Sites amis
Liens internes
Mots-clefs
2xmoinscher
achat en ligne
Acheteurs
AdCommerce
Adsense
affiliation
Amazon
Chronopost
commission
Consommation
Durable
eBay
Fnac
frais
Fraude
Interview
Leboncoin
Legal
Livraison
Marketplace
Monétisation
Paiement
PayPal
Priceminister
Prix
Promotion
Publicité
Sondage
Statistiques
Tarifs
Trafic
Vente en ligne
